Tirer le fil

Le fil de la vieAu collège, les tables en bois offrent un beau mur de discussion. A chacun de laisser sa trace : un nom d’amoureux, une ennemie qualifiée par des mots véreux, des tentatives de graf. Je dessine des Taiji. J’espère que ce signe distinctif sera reconnu entre tous par sa beauté, son étrangeté. Ce signe, je l’ai vu dans un Tintin. Ce personnage voyageur a peu de place dans la bédéthèque familiale. Il n’apparaît qu’une fois.

Personne n’a jamais remarqué cette marque.

Au lycée, j’imagine devenir décoratrice d’intérieur ou étalagiste. Je me décourage avant de commencer. Me perdre dans des bâtiments géants, sinuer dans des méandres de corridors, chronométrée par des emplois du temps que je dois organiser me semblent insurmontables. Et puis, je ne connais personne dans ce milieu.

Les universités parisiennes ne me verront jamais (sauf pour quelques manifestations étudiantes mais ça, c’est une autre histoire).

10 ans plus tard, j’écris une fiction. Une allégorie inéquivoque de la vie, des objets, des gens, des sentiments, de la maison.

Les années passent, je vis, je m’apprends.

Encore 10 ans et je m’inscris à des cours de décoration d’intérieur par correspondance. Les mois passent, je lis, j’apprends. J’ai des bonnes notes. Et puis, un devoir important est demandé. Trop grand, trop long, impossible à envoyer par la poste. Un travail qui prend trop de place dans l’appartement, dans ma vie.

Je ne finis pas.

Je fonde une entreprise qui vend des parures pour lit d’enfants, de la décoration de chambre. Je m’amuse avec les tissus, je croise les couleurs, j’achète une machine à coudre.

Je crée.

Au détour des rencontres, j’assiste à une journée de formation Feng Shui sur la chambre à coucher. Je reviens chez moi enthousiasmée. Ce que j’ai entendu provoque des envies de changements de chambres, d’aspect, de tonalité, de…. déménagement. Mes désirs trop spectaculaires ne semblent pas convaincre. Il faudra plus d’arguments pour activer les choses.

Je décide de suivre une formation certifiante pour en savoir plus, pour devenir consultante, même experte, voire conférencière. Voir grand

Je suis consultante Feng Shui.

Dans ma bédéthèque d’adultes, j’ai toujours la bd de Tintin, toujours seule. L’histoire se déroule en Egypte et ce n’est pas un Taiji.

Les souvenirs se payent ma tête.

Néanmoins, le Fil, je l’ai tiré jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à vous. La fibre est longue, certaines fois cassante mais au final, très résistante.

Et vous, votre vie est-elle cousue de fil blanc ?

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