240 pas ou les souvenirs d’été

Les vacances des enfants sont là et les habitudes de l’année qui vient de s’écouler, sont bousculées. Je vais comme chaque année depuis 10 ans maintenant avec les enfants, partir en vacances à la capte. La Capte, petit village sur la Presqu’ile de Giens. Nous avons de la chance. Il faut dire que mes beaux-parents sont persévérants puisqu’ils louaient déjà au siècle dernier. Voilà presque 40 ans, que la destination est immuable. Nous vivons tous ensembles quelques jours, voire quelques semaines pour prendre le temps que nous n’avons pas pendant l’année. Que penser de cet ancrage, de ce repère d’espace et de temps ? il y a deux solutions. Soit vous vous sentez obligé.e et les émotions sont lourdes. Soit vous y trouvez votre compte, détendu.e et c’est gagné. Attention tout de même à ce que cela ne devienne pas un fil à la patte qui vous empêcherait de regarder ailleurs et de braver, un certain temps, l’inconnu.

C’est une petite maison. 

Rien de clinquant. On s’entasse, on se pousse, on dort à plusieurs dans une même chambre, sur lit, sur matelas au sol. Certains même dorment dans le couloir. Il fait chaud, les ventilateurs tournent à plein gaz et les moustiques planent. On y vit à 6, on y vit à 8, on y vit à 10, on y mange à 15. Les rares jours de pluie, on fait des activités dans le couloir au 1er étage. Ça joue entre cousins, chacun profite de ceux qu’ils n’ont pas assez vus durant l’année. On refait le monde avec la mamie et l’odeur des pâtes au pistou du papy nous chatouille les narines. La cuisine est minuscule, on déjeune par service, pas plus de 4 à table et tout est à portée de main. L’un peut ouvrir le frigo, tandis que l’autre surveille la marmite, le troisième peut mettre la vaisselle dans l’évier. Et le quatrième ?  Il peut regarder les autres s’activer, se faire servir. Mais ce n’est pas sa faute, il ne peut pas bouger. Heureusement, lorsqu’il fait beau, nos corps « maillodebaintés » sont toujours dehors.

La présentation

Cette maison couleur ocre est faite de récupération. Les vitraux orangemauvevertrose et blanc lui donnent un aspect féerique et une douce couleur intérieur. Les portes lourdes sont en fer et un lavoir fait office de douche pour les enfants dans la cour de derrière. Cette maison n’est pas la nôtre mais on pourrait le croire. Les petits le croient. Comment faire autrement, quand depuis 40 ans, leurs arrières grands-parents, leurs grands-parents et leurs parents viennent s’y reposer ? Enfin se reposer….

La préparation

Pour aller à la plage, un minimum de 30 minutes est nécessaire à la préparation. Le temps de dépendre les maillots, préparer les sacs, retrouver nos petits qui disparaissent au fur et à mesure que d’autres apparaissent. Ça crie, ça pleure, ça râle.

Où est la petite ?

Quelqu’un a vu mes lunettes de soleil ?

Je veux mes palmes !!

Qui peut me mettre de la crème dans le dos ?

Met ton chapeau !

Un vrai Vaudeville qui se joue tous les jours à la même heure. Force est de constater que chaque famille a son fonctionnement. Je suis organisée (enfin je crois) et malgré quelques tentatives de rangement, d’organisation, le naturel (des autres) revient et la pagaille avec.

Les changementsla capte

Depuis 1973, beaucoup de choses ont changé. Le Chi a bougé par cycle de plusieurs étés. Il y a eu le camping à 50 mètres de la porte qui a laissé place à une thalasso. Une boite de nuit a ouvert, faisant échouer dans la rue, les conversations du matin, hautes en couleurs mais basses en idées. Heureusement, les festifs partaient car, le camion qui faisait le ménage dans les allées ensablées, faisaient sans doute trop de bruit pour leurs oreilles déjà bien sollicitées (et les nôtres aussi). Il y a eu le marché où les vendeurs d’olives et autres nappes provençales, made in China, s’installaient dès 5h du matin. Enfin, il y a la route derrière, de plus en plus populaire, de plus en plus fréquentée.

Alors, pourquoi sommes-nous si contents de revenir chaque année nous entasser dans cette maison de poupée ?

Parce qu’il suffit de…

…240 pas pour que le pied bronzé et tongué foule le sable chaud.

…240 pas durant lesquels les mains des enfants se rejoignent dans une grande farandole, le pas pressé, le torse en avant, excitée à l’idée de plonger dans l’immensité.

…240 pas pour atteindre la plénitude d’une mer calme et peu profonde.

…240 pas pour voir nos enfants pain d’épice heureux de jouer des heures durant.

…240 pas pour connaitre enfin la tranquillité après une année souvent très (trop ?) mouvementée.

…240 pas pour que la mer fasse son effet, que l’horizon nous apporte la paix.

Et le soir venu, lorsque le soleil ne nous chauffe plus assez le dos, que l’on rentre de la mer, les flamands roses, derrière la route, nous saluent de leurs marais salants et scintillants.

flamands-roses

Et pour vous ? maison boulet ou maison bouée ?

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2 réflexions au sujet de « 240 pas ou les souvenirs d’été »

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